Qui a inventé le drone ?

« Auparavant, il y avait les oiseaux dans le ciel ; désormais, il y a les drones ». Il n’y a pas meilleur moyen que cette phrase lancée un jour par un internaute sur un quotidien français célèbre, pour exprimer  l’omniprésence des drones dans la vie de l’homme. On leur connait désormais de multiples utilités, allant du simple plaisir de filmer les environs aux besoins des professionnels.

Mais quinze années en arrière, le drone était encore quasiment méconnu du grand public. Cet article vous propose donc de remonter aux origines. Plus encore, il s’agira de retracer toute l’histoire de cet engin volant sans pilote de ses débuts jusqu’à nos jours.

L’invention du concept du drone

Contrairement aux autres inventions scientifiques, le drone n’a pas de « père » à proprement parler. L’idée de créer un objet volant capable de surveiller et de torpiller un ennemi est née à peu près au même moment, partout dans le monde. C’est la première Guerre Mondiale qui poussa les grandes puissances de l’époque à concentrer leurs recherches là-dessus.

Ainsi, en 1917, la France réussit un premier essai avec Max Boucher. L’engin va réussir à planer à une altitude de 50 m sur une distance de 500m.

Il faudra attendre George Clémenceau, Président de la Commission Sénatoriale de l’Armée pour donner une réelle impulsion à la recherche et développement là-dessus.

Durant la même période, les Américains se focalisent sur le projet Hewitt-Sperry Automatic Airplane. Les Anglais, avec Archibald Low développent des avions pilotés par télégraphie sans fil. On est alors à l’aube du concept.

L’appellation « drone » n’est institutionnalisée qu’une décennie après, en 1930. Drone est le mot anglais pour « faux-bourdon » ; ce qui est très explicite car ces derniers volent à plus ou moins basse altitude en bourdonnant.

Un premier usage militaire

Ce n’est qu’après la deuxième Guerre Mondiale que les expérimentations sur les drones prennent réellement leur envol. Avec la guerre froide, l’espionnage et la nécessité de se faire discret sont à leur apogée. En effet, un pilote américain en observation en URSS se fait capturer. L’Union Soviétique ne manque pas de crier au scandale, mettant les Etats-Unis dans une mauvaise position vis-à-vis de l’opinion internationale et de son peuple. De plus, les drones constituent le meilleur moyen de limiter les pertes humaines. Aussi, vers le milieu des années 60, ils commencent à devenir monnaie courante dans le milieu militaire.

Son premier usage connu du public s’effectue lors de la guerre du Viet Nam. A partir de ce moment, le drone est devenu un composant à part entière des stratégies utilisées, tant au niveau de la surveillance, des tactiques d’attaques, de l’approvisionnement que du camouflage.

L’abaissement des couts de fabrication

Comme l’image le démontre, le drone militaire est grand et capable d’envoyer des missiles à l’ennemi. Il constitue donc un investissement non négligeable.

Cependant, vers les années 1980, la donne va changer. L’industrie favorisera une réduction optimale des coûts de production et encouragera le passage de cette arme redoutée dans le monde civil :

  • La technologie évolue avec la conception de capteurs de plus en plus puissants, la possibilité d’usage de la fibre de verre comme composant principal de fabrication du drone, le développement du traçage GPS, …
  • Les Administrations incitent à une réutilisation des drones anciennement militaires pour la vie civile afin de les amortir;
  • Le grand public est prêt à recevoir le drone. On lui trouve de multiples utilités, poussant de nombreux investisseurs à vouloir conquérir ce « nouveau secteur », incitant la concurrence et l’abaissement des prix.

Le drone dans le civil

A l’image d’internet ou du satellite qui sont nés du monde militaire et se sont fondus dans le civil, le drone a lui aussi connu la même destinée. Cette entrée est cependant très récente, vu qu’elle date d’après 2010 : 2012 en France avec la réglementation des vols de drones civils et 2014 aux Etats-Unis.

Ce sont les grands fabricants de drone qui rendent cette entrée possible. Le succès de ce marché tient aux modèles à taille réduite (loin des 10 tonnes de l’engin militaire) et aux améliorations effectuées pour qu’une personne lambda lui trouve un usage. Il s’agit principalement de DJI, une entreprise Chinoise et de Parrot qui est Française.

Ainsi, le drone commence à ressembler un peu plus à un petit hélicoptère, s’équipe de caméra pour pouvoir photographier ou filmer ce qu’il voit et devient plus aisé à prendre en main et à guider, avec le téléguidage par radiocommande.

La démocratisation de l’usage du drone

En très peu de temps, le drone est devenu à portée de tous :

  • Les professionnels de toutes sortes grâce aux possibilités offertes par la combinaison du vol à haute altitude et les caméras embarquées. Ainsi, les ingénieurs du sol ou ceux des forêts se l’approprient pour leurs missions de reconnaissance et de cartographie ; les agriculteurs peuvent l’utiliser pour surveiller et fertiliser leurs plants ; les entreprises de sécurité font des drones les porteurs d’une caméra de surveillance mobile ; les producteurs audiovisuels n’hésitent plus à s’en servir durant le tournage, …

  • Le grand public : les drones dits « de loisirs » ont également connu un essor considérable. Ce type de drone est celui qu’utilise n’importe quelle personne pour un usage extrêmement diversifié. Ces appareils sont encore plus petits, aisés à transporter (avec quelques modèles avec pieds et hélices pliables) et ne requièrent pas plus que le manuel d’utilisation pour pouvoir être correctement utilisés.

Son succès est même tel que beaucoup de pays, y compris la France ont commencé à réglementer le pilotage des drones dans les endroits publics.  Ceux qui se prétendent « pilote de drone » doivent également suivre une formation spécifique préalable.

 

  • Les professionnels de l’espace : les drones volant dans l’espace méritent également un paragraphe car ils sont la preuve de la très large propagation de l’usage du drone. X-37 B, un drone spatial américain a ouvert la marche.

Les dernières avancées en matière de drone

Pour compléter ce survol historique du drone, il faut compter avec les avancées et perfectionnement faits jusqu’à ce jour. Au moment présent, voici quelques actualités à retenir.

  • Le pilotage du drone est devenu un sport à part entière, preuve que certains modèles volent désormais très vite (entre 150 et 250 km/h, comme le drone Primoco), de manière très précise (avec les innovations dans la détection d’obstacles en face et sur les côtés) et sont plus stables. Rendez-vous au World Drone Racing Championship, la coupe du monde du rallye des drones pour voir en direct tous les progrès réalisés.

 

  • Le drone fait de plus en plus place au microdrone, un drone d’une surface inférieure à 2 cm2 et dont le poids ne dépasse pas non plus les 2 grammes. Plusieurs entreprises œuvrent pour son développement et sa commercialisation mais les Néerlandais sont certainement les pionniers en la matière. Chez Lisa/S, leur microdrone est déjà actuellement en vente.

 

  • Les drones-livreurs, interdits pendant un temps, prennent petit à petit leur envol. Ainsi, la Poste Française dessert déjà une ligne régulière, Amazon s’y est mis également en Grande Bretagne et la livraison d’aliments (comme une pizza) en drone commence à prendre le pas sur les méthodes plus traditionnelles.

Perspectives ?

L’histoire des drones n’est donc pas achevée. Depuis un siècle maintenant, l’engin a connu des perfectionnements à tous les niveaux. D’après ce que nous révèlent les scientifiques et constructeurs, d’autres améliorations sont encore en vue.

  • La livraison par drone au moyen de la géolocalisation : Amazon a déjà déposé le brevet, son service étant dénommé « Prime Air » ou « Amazon Air ». Il s’agit d’un système qui permettra au drone de retrouver une personne qui a passé commande au moyen de son smartphone et de livrer un bien quelconque, précisément là où elle se trouve. L’objectif est d’économiser de l’argent mais aussi du temps au client. Ce service n’est certes pas encore fonctionnel, mais l’on ne s’étonnerait pas de son développement dans les prochaines années. D’autres entreprises sont également en pleine phase de recherches là-dessus ;
  • Les taxis-drones volants en 2025 : c’est en tout cas ce à quoi la firme UBER travaille. Beaucoup d’autres à travers le monde ont également relevé le défi. Il s’agit de drones suffisamment grands pour accueillir des passagers. Le terme « drone » est maintenu car il n’y aura toujours pas de pilote, le passager entrera ses coordonnées et contrôlera le drone au moyen d’une radiocommande ou de son smartphone qu’il tiendra dans l’appareil.

  • Les drones dans les cuisines, corollairement avec la table connectée : un projet signé Ikea. Parmi les développements envisagés du drone, il faudra aussi imaginer un drone qui vous aidera dans la cuisine. Connecté avec la table elle-même, Ikea imagine donc que le drone sera capable de vous apporter tous les ingrédients dont vous aurez besoins, et pourquoi pas, de couper les aliments si on le dote d’outils adéquat.

En conclusion, le drone a donc pris une centaine d’année pour trouver sa place dans notre quotidien. Maintenant qu’il y est, son développement n’est pas prêt de s’arrêter. Après des décennies dans le domaine militaire, le civil semble lui offrir un terrain plus propice à son évolution.

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